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Quelques définitions :

Contrairement à la croyance populaire, les services de santé  ne sont pas des biens publics, ce sont des biens privés financés publiquement  (Rapport Bourgogne CIRANO pour un financement durable de la santé au Québec – 2005).

La bonne santé : les associations humanitaires  ne la revendiquent pas pour  ceux qu’elles veulent  protéger car elle n’est pas inscrite dans la DUDH et elles la juge utopique.

Le bien-être : une éthique hédoniste non compatible avec  l’éthique pseudo-utilitariste de la sécurité sociale et une revendication difficilement acceptable dans une société exsangue prétendument inquiète des problèmes posés par  la grande précarité de sa population.

Problème : L’Etat providence veut transformer le bien commun en bien collectif. C’est là le propre de toute démarche collectiviste. Le spectre de la nationalisation de la médecine récemment évoqué par Brigitte Dormont (conseillère de Manuel Valls) et Christian Saout (président du CISS) semble se  rapprocher.

Les actions de l’Etat :

Lorsque M. Raymond Barre, dans son discours du 5 octobre 1976 dit : «  L’État est le garant de l’intérêt général. C’est à lui qu’il appartient de décider en dernier ressort », il ne fait  qu’endosser l’habit interventionniste  centralisateur   de l’Etat jacobin que venait de lui tailler le Général de Gaulle. Par ses affinités affichées  pour  le principe de médecine à une vitesse, cet Etat ouvre la porte au dogmatisme totalitaire collectiviste qu’il croit pouvoir imposer à la population par le seul fait du prince. Sa popularité en sortira certes grandie, mais la perte de légitimité d’une telle conduite ira grandissante. L’absence de repère éthique identifiable condamne désormais cet Etat  au risque de démantèlement. (Colloques du Conseil d’Etat : « Où va l’Etat ? »– 2014-2015)

La principauté héréditaire établie par le Général de Gaulle en 1958 a vu plusieurs générations apparentées à la récente UMPS gouverner ce pays.  Leur cynisme et leur détermination à asservir les professionnels de santé ne semblent avoir heurté aucun prélat ni aucun docte  philosophe contemporains dont les préoccupations sont  plus de sauver leurs fidèles et leur clientèle médiatique que de faire appliquer aux citoyens français les Droits fondamentaux de la République. Le Conseil d’Etat étonne par son questionnement  audacieux. Il ne faut cependant pas être dupe de la manœuvre, connaissant l’habileté de nos énarques à s’échapper de leurs responsabilités dès que le spectre de  la culpabilité apparaît. Faute avouée, faute à moitié pardonnée…

Madame Simone Veil, Messieurs Raymond Barre et Valéry Giscard d’Estaing sont les signataires des plus coercitives conventions médicale et dentaire signées en 1975. Tous appartenaient à l’UDF, parti soi-disant libéral ! Le libéralisme français était donc déjà très mal en point, il y a 40 ans.  Le numerus clausus imposé peu de temps après aux médecins et dentistes  sera de nouveau, par la volonté de l’Etat, déclaré d’utilité publique alors que son seul objectif fut de limiter les effets dévastateurs d’une  gestion  financière calamiteuse de la sécurité sociale. La mesure prise en urgence à l’époque en est à sa 36ème année d’existence. Elle sert bien l’Etat, mais qu’en pense la population ?  Y-aurait-il scission entre les deux ? Divorce entre volonté générale et intérêt général? Messieurs Hollande et Valls ainsi que les ministres actuels de l’Economie et de la Santé ne semblent pas avoir changé de méthodes, ni d’objectifs, ni le regard méprisant de l’Etat sur la société civile.  Ils seront peut-être les tous premiers parrains de  cette  nouvelle république populaire française lorsqu’ au nom de l’utilité publique, celle-ci aura bientôt  réquisitionné les cabinets de santé libéraux.

Jean Jacques Dupuis   dds@pan.care